2015 sera (peut-être) l’année du paiement mobile et sans contact
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2015 sera (peut-être) l’année du paiement mobile et sans contact

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Le paiement mobile et le paiement sans contact sont en train de créer une révolution dans les modes de paiements. Pourtant, malgré l’émergence de startups dans les Fintech et les offres proposées par les banques et autres solutions de paiement, seulement 1,62% des français effectuent leurs transactions sans contact via leur smartphone ou leur carte bancaire. Zoom* sur ce secteur d’avenir qui ne cesse d’innover, mais qui ne sait pas toujours convaincre les utilisateurs.

Où en est-on sur le paiement mobile et le paiement sans contact en France ?

Un sondage d’ING sur le m-banking et m-paiement en Europe indique que 185 millions d’européens vont utiliser une application de paiement mobile cette année, en forte augmentation. Le marché est estimé quant à lui à 140 milliards d’euros en Europe en 2015, et en progression de 174% par an.

4,6 millions de Français ont déjà acheté via leur mobile et en moyenne 19% du chiffre d’affaires des sites leaders du e-commerce se fait via ce canal selon Forrester – Thibaut Faures Fustel de Coulanges, VP Rentabiliweb Group

Thibaut Faures Fustel de Coulanges

Thibaut Faures Fustel de Coulanges

Au-delà de ces quelques chiffres et projections, force est de constater qu’il ne se passe pas une semaine sans que l’on entende parler d’une nouvelle solution révolutionnaire ou d’un potentiel de marché gigantesque. Pas une semaine non plus sans que l’on nous explique les échecs ou les espoirs douchées de certains acteurs…

Les banques ont connu des échecs importants ; les opérateurs téléphoniques n’ont pas été plus inspirés. Pour preuve en France les échecs de Buyster, Kwixo ou encore Moneo. Il y a fort à parier que la liste va s’allonger avec des applications bancaires, des wallets de startup ou des applications de transfert de fonds entre particuliers. Mais nous n’en sommes pas là puisque les banques font aujourd’hui du paiement mobile l’une de leur priorité

Le paiement sans contact est clairement une priorité au Crédit Mutuel au même titre que la téléphonie mobile, l’un va avec l’autre – Lætitia Millet, Chargée de clientèle professionnels Crédit Mutuel Chelles

Lætitia Millet

Lætitia Millet

Les géants de l’internet et les fameux GAFA ne sont pas en reste avec Google qui a jeté l’éponge et Amazon qui fait de même. Seul Apple, dernier arrivé, tente une percée en se fondant sur une expérience utilisateur puissante (la biométrie) mais qui ne s’appuie sur aucun avantage technologique différenciant.

La France est elle à la traine ?

Le paiement mobile est déjà une réalité comme en atteste la part de marché croissante des transactions mobile dans le CA des e-commerçants – Thibaut Faures Fustel de Coulanges.

Néanmoins, si l’on compare la France aux États-Unis, seuls 25% des français ont déjà réalisé un paiement mobile contre 42% des américains (source ING International Survey on mobile banking); c‘est dire notre marge de progression.

Il semble également important de bien définir ce que couvre le terme « paiement mobile ». Quand on parle de paiement mobile, on peut parler de :

o Paiement in app via SDK : les développeurs intègrent des briques de paiement directement dans leur application afin de fluidifier le paiement
o Paiement sur devise mobile en adaptant les pages de paiement (responsive design pour les téléphones, mobile, les tablettes, etc)
o Paiement avec un portefeuille électronique : Paypal et tous les autres
o Paiement sur TPE (terminal de paiement) avec son téléphone en utilisant la technologie NFC
o Application de transfert de fonds entre particuliers
o Solution mPOS d’encaissement (terminaux léger) qui utilise une application mobile
o Etc etc

« De la diversité nait la confusion et le consommateur -et les marchands- sont aujourd’hui noyés dans un foisonnement d’offres qui se qualifient toutes elle-même de « révolutionnaires ».
Au fond il n’y a pourtant pas de révolution technologique majeure. Elles reposent sur des expériences utilisateurs plus ou moins réussies »  ajoute Thibaut Faures Fustel de Coulanges.

Pour exemple, la solution de paiement du groupe Rentabiliweb a choisi de considérer le paiement comme une affaire de valorisation des données, en vue « à la fois d’augmenter la conversion et de réduire la fraude des e-commerçants« . A découvrir sur le site en ligne depuis mardi 28 avril http://mobile.be2bill.com.

Il est d’ailleurs certain que le paiement mobile, avec l’omni-canal est en quelque sorte « the next big thing » du commerce. Toutes les conditions d’adhésion à un service sont réunies si l’expérience utilisateur est maitrisée et si la technologie embarque intrinsèquement des services à valeur ajoutée pour les consommateurs ou porteurs.

Les banques ne sont pas en reste comme l’indique Lætitia Millet « Le Crédit Mutuel a beaucoup investit sur le sujet pour offrir un système performant à ses clients pro (le parc de TPE a été entièrement renouvelé) et sa clientèle particuliers en leur proposant une offre couplée avec la téléphonie. Le but étant de parvenir à détourner les espèces et chèques pour promouvoir le portefeuille électronique. »

Au Crédit Mutuel le paiement sans contact entre dans une logique globale : fivory ( fidélisation) et monético mobile (TPE avec smartphone), monético restau, etc… – Lætitia Millet

Le Crédit Mutuel c’est 30,7 millions de cartes bancaires sans contact soit 50,4% du parc de cartes de paiement. 6,1 millions de porteurs ont payé en Sans Contact en mars et 19,8% des cartes ont été utilisées en sans contact dans le mois. 279 263 commerces sont opérationnels pour le Sans Contact (21,5% du parc de commerces CB) sur lesquels 47,1%, soit 131 621, commerces ont été actifs en Sans Contact au mois de mars, essentiellement dans les secteurs du bricolage (45%), la restauration rapide (33%), les coopératives agricoles (32%) et les restaurants (31%) pour un CA mensuel de 158,04 M€.

Comment convaincre les utilisateurs de l’intérêt et de la sécurité du paiement mobile et sans contact ?

Dans les caisses locales, les clients sociétaires s’interrogent encore sur le paiement sans contact, surtout les personnes âgées. Ils ont peur de la fraude ou de la sensibilité du système – Lætitia Millet

C’est d’ailleurs dans cette optique, que la Secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire a réunit les acteurs du paiement il y a deux semaines- opérateurs telecom et de terminaux de paiement, GIE cartes bancaires – afin qu’ils témoignent de la sécurité et de l’intérêt de ce mode de paiement sans contact.

Pour qu’il devienne un succès, le paiement mobile, à l’image des expériences type M-PESA au Kenya, doit transformer et simplifier radicalement la vie de ses utilisateurs – Thibaut Faures Fustel de Coulanges

Dans cette transformation, le paiement doit devenir un simple « enabler » autour duquel peuvent être embarqués des services innovants et créateurs de valeur pour les utilisateurs.

Les raisons de son décollage poussif après les nombreux pilotes mis en place peuvent tenir à :

o L’absence de campagne de vulgarisation et de réassurance de la part des émetteurs de carte et des autorités. Ce n’est qu’en avril 2015 que GCB et Bercy se sont saisis du sujet sur le NFC.
o L’absence d’intérêts convergents entre les différents acteurs de l’écosystème et notamment entre les opérateurs téléphoniques, les fabricants et les banques.
o Une perception mitigée du niveau de sécurité de la technologie NFC (si je me fais voler ma carte ou mon mobile, je peux être débité abusivement de 20€ par transaction sans saisie de code confidentiel). Au fond que le « secure element » soit positionné dans la puce d’une carte plastique, dans un téléphone mobile ou dans la carte SIM de ce même téléphone importe peu. Seuls l’usage, l’expérience utilisateur et les services innovants créeront usage et fidélisation autour du service de paiement ».
o Certains prétendent que le paiement mobile n’est adapté que pour les pays en voie de développement ou sous bancarisé. Nous pensons au contraire que le paiement mobile peut être à valeur ajoutée dans les économies développées si le paiement embarque une valeur d’usage et des services innovants autour de la transaction. Ce n’est pas tant sur le paiement mobile que doivent travailler les commerçants ou les créateurs de services mais sur l’usage et la valeur créé autour du paiement.
o Il ne faut pas négliger également la difficulté à garantir une transaction sur mobile avec le système du 3DSecure qui n’est pas conçu ni n’a été optimisé pour un environnement mobile.
o Les services ne sont pas toujours interopérables.
o La plupart des applications bancaires ne fonctionnent que sur Androïd

L’avenir sera plutôt paiement mobile ou paiement sans contact ?

L’écosystème des paiements –et du métier bancaire- a prouvé au cours de l’histoire sa profonde résilience au changement. Nul n’a trouvé mieux en termes de sécurité que la carte à puce et son usage est aujourd’hui largement répandu…- Thibaut Faures Fustel de Coulanges

Il y a aussi encore plus de 3 milliards de chèques émis par an !

L’avenir c’est le paiement mobile, c’est certain – Yannick Borgomano co-fondateur de Flooz

Yannick Borgomano

Yannick Borgomano

Chez Flooz, réseau social de paiement via une application mobile, Yannick Borgomano va plus loin en affirmant qu’il ne croit pas au paiement sans contact pas assez sécurisé selon lui. Mais la jeune équipe croit toujours à la suprématie de la carte bancaire « pour le moment la CB est bien implantée en France et, selon nous, il n’existe pas de meilleure solution technique aujourd’hui pour acheter un produit dans un magasin physique. La CB est toujours aussi pratique, plutôt sécurisée et ne nécessite pas d’être rechargée en batterie ou de connexion Internet. Elle restera encore pour quelques années au moins, un moyen de paiement particulièrement efficace« .

Le paiement mobile via NFC aujourd’hui a toutefois trouvé un merveilleux ambassadeur avec ApplePay qui est devenu un service sexy et performant en une keynote, sans long discours. Même si ApplePay, comme les solutions américaines type Square Cash, Facebook paiement mobile ont en général des stratégies de déploiement rapides et mondiales, et non pas forcément la France en haut de leurs priorités de développement, laissant la place à de nouveaux acteurs français.

Les acteurs indépendants ont une approche et une expérience différente et ont la chance d’être en mode start-up – Yannick Borgomano

*Article réalisé avec Rentabiliweb, Crédit Mutuel Chelles et Flooz.