3 Conseils pour intégrer son premier salarié #recrutement
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3 Conseils pour intégrer son premier salarié #recrutement

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Une fois la perle rare dénichée lors du recrutement, il est maintenant temps d’intégrer le premier salarié à son entreprise. Une étape pas si facile qu’il n’en parait lorsque le ou les fondateurs ont travaillé seuls depuis le lancement et ont leurs petites habitudes.

Être le petit nouveau au collège était peut-être finalement une partie de plaisir à côté de ce qui attend à la fois le salarié et l’entrepreneur. Ce dernier doit donc mettre en place une démarche d’intégration afin que cela se passe au mieux pour chacun et que la collaboration soit opérationnelle et optimale dès les premières semaines.

Bien préparer le cadre légal

Un chef d’entreprise est « rarement un professionnel du management et de l’intégration » indique Charlotte Hoang Bitar, fondatrice de Datagency, qui s’est appuyée sur son associée à temps partiel, spécialiste des Ressources Humaines « ma DRH a rencontré plusieurs fois mon premier collaborateur avec moi« . Elle lui a aussi confié la partie administrative et légale de la procédure d’embauche, formalisant ainsi la relation « c’est une bonne façon d’intégrer les gens, de mettre un filtre administratif et légal pour rassurer votre collaborateur sur le sérieux de l’organisation« . Et ainsi éviter des soucis d’omission ou incompréhension de l’une des deux parties sur un point du contrat de travail, des tâches à accomplir ou des avantages proposés pour « oublier des angoisses inutiles liées au manque d’expertise« .

Formaliser les relations

« L’employeur doit mettre en place des process, il faut formaliser, souvent il faut aussi perdre ses mauvaises habitudes de travailleur solitaire » indique Anne Claire Codorniou fondatrice de Kalioshka. Le fondateur qui a toujours travailler seul doit apprendre à partager ses infos avec quelqu’un d’autre, qu’il ne connait pas et cela n’est pas toujours évident. « Mais il n’est pas évident non plus pour le salarié de trouver sa place et d’être autonome » surtout lorsqu’il est seul avec le chef d’entreprise, sans collègue de bureau avec qui échanger sur un plan d’égalité

Il est important de faire confiance à celle ou celui qui rejoint l’entreprise, car il sera aussi en relation avec les clients et négociera peut-être des contrats alors que jusqu’à présent ces derniers ne connaissaient que le fondateur. « Il faut apprendre aux clients qu’on ne sera plus le seul interlocuteur, cela peut les perturber, on les a souvent habitués à beaucoup (trop) de disponibilité, de souplesse, il faut apprendre à cadrer les choses » avec eux explique Anne Claire et briefer le salarié sur ce qui ne sera certainement pas facile au début. Les habitudes ont la vie dure et dans de petites structures, la notoriété de l’entreprise repose très souvent sur la personnalité du fondateur. L’arrivée d’une nouvelle personne peut perturber les échanges et déstabiliser chacune des parties. Il est donc nécessaire de faire des présentations en bonnes et dues formes pour poursuivre des relations harmonieuses avec ses clients et mettre à l’aise son nouveau collaborateur.

Dialoguer et déléguer

La phase d’intégration est une phase de découverte, la période où le chef d’entreprise et le salarié apprennent à se connaitre, à s’apprivoiser et à comprendre comment fonctionnent l’un et l’autre. Ne pas brusquer la situation, rester zen ou « faire de la médiation » comme le suggère avec le sourire Benjamin Rosoor co-fondateur de Transmitio. Selon lui l’acte le plus compliqué est celui d' »accepter de déléguer. Un travail long et difficile« . Mais aussi d’entretenir le dialogue, ne pas tout garder pour soi, comme avant car « le pire c’est le silence« .

« Il faut savoir déléguer et ne pas l’étouffer. C’est le plus important. Il faut aussi savoir faire confiance et responsabiliser les salariés » explique Xavier Mariani, CEO et co-fondateur d’Adikteev.
L’idéal est de faire « travailler le nouveau collaborateur sur un terrain complètement vierge – c’est à dire un nouveau projet pour l’entreprise  » indique Stéphane Paton, fondateur de institut-pandore.com– Ainsi « on lui laisse forcément plus de responsabilités et plus de liberté qu’en le faisant travailler sur des tâches que l’on maîtrise déjà« . Cela évite aussi d’être derrière son dos à lui expliquer comment faire à sa façon « en lui offrant l’opportunité de partir de 0 dans une tâche que personne n’a commencé avant lui, on évite de l’étouffer et on lui montre qu’on a confiance« .

« Dans tous les cas, le chef d’entreprise qui embauche son premier salarié devra être fin stratège et devra se remettre très souvent en question. Il faudra discuter avec le salarié sans tabou et crever les abcès rapidement« , ne pas laisser une situation pourrir au risque de pénaliser la société.

Par la suite, une fois l’intégration réussie, il conviendra de fidéliser le salarié et de le faire évoluer sur la durée de la collaboration.