5 conseils pour bien s’associer
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5 conseils pour bien s’associer

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S’associer est très fortement recommandé par la plupart des entrepreneurs. Seul on avance plus vite, à plusieurs on va plus loin a-t-on coutume de dire. Pourtant l’association, c’est comme un mariage et il faut la faire vivre, la réinventer en permanence, gérer les hauts et les bas, et payer les pots cassés en cas de rupture.

Comment faire pour bien s’associer, vivre une relation harmonieuse au quotidien et en faire ressortir une belle histoire entrepreneuriale ? Autant de questions auxquelles des couples d’associés ont répondu pour partager leur expérience.

Pourquoi s’associer ?

« Parce que tout seul au bout d’un moment on tourne en rond dans son bocal » indique avec franchise Sandrine Planchon, qui a fondé seule Hobby Street puis a fait entrer au capital deux associés par la suite. S’associer c’est aussi pour « être plusieurs à cogiter sur un problème, apporter de nouvelles idées, être plus créatifs, compléter les compétences internes », ou encore gagner du temps au quotidien en se répartissant les tâches.

S’associer c’est aussi un soutient les jours où le moral est en berne, « vivre l’aventure à plusieurs c’est toujours plus sympa dans les moments fun mais surtout dans les plus durs ou stressants » ajoute Sandrine.

L’association permet encore « d’ouvrir l’actionnariat et trouver les premiers investisseurs », car chacun amène sa contribution financière à l‘édifice, ce qui n’est pas négligeable pour démarrer.

Juliette, quant à elle, a fait le choix de s’associer en créant La Crème French, une agence de communication, car « étant créative et ayant toujours été salariée, je n’avais aucune idée de la partie commerciale de mon métier. J’ai donc fait le choix de m’associer à Aurélien, issu du marketing international, pour gagner du temps, aller plus vite et compléter l’offre de l’agence. »

Avec qui s’associer ?

Juliette s’est tout simplement associée à son conjoint, Aurélien, comme « une évidence ». « Nous sommes très complémentaires, nous nous connaissons très bien et de ce fait nous gagnons un temps fou ! De plus nos formations sont complémentaires. Marketing et design graphique, la bonne équation. » Pas toujours facile au quotidien car la vie personnelle se mélange à la vie professionnelle et les frontières sont minces. Pas de coupure entre le bureau et la maison, même pendant les vacances. Mais l’association entre conjoints qui était la norme dans le commerce traditionnel a fait ses preuves et continue de séduire.

Sandrine a « choisi ses associés comme quand on choisit la nounou pour ses enfants ». Les associés sont choisis pour une durée indéterminée et il faut donc se faire confiance, bien s’entendre et savoir à l’avance comment seront gérés les conflits qui ne manqueront pas d’arriver au cours de la vie de l’entreprise. « Une de mes associée est une amie de longue date avec qui j’ai déjà eu l’occasion de travailler et de monter des projets stressants. Le deuxième a eu un réel coup de cœur pour le projet et partage ma vision d’avenir, c’est ce qui m’a plu. Je les ai choisis pour leur dynamisme, leur capacité à être dans l’action, à être francs mais bienveillants, à placer le projet avant tout »

Il est important de fixer ses critères avant de commencer sa recherche : partage-t-il mes valeurs ? Quelle est sa vision de l’entreprise ? Souhaite-t-il rester longtemps ou développer le chiffre d’affaire et revendre ses parts rapidement ? A-t-il déjà créé une boite avant ? Etc… Mieux vaut une liste assez longue que se tromper. L’avenir de l’entreprise est concerné.

Autre solution, l’association familiale, entre frères et sœurs. Créer avec son frère ou sa sœur présente de nombreux avantages comme le fait de recevoir une donation de ses parents pour le démarrage, ou bien s’associer à 50/50, chose qui n’est souvent pas aisé avec un associé non membre de la famille. Le partage tacite des rôles se met en place facilement car chacun connait parfaitement l’autre avec ses forces et ses faiblesses. « Nous avons beaucoup de facilité à nous dire les choses, je pense qu’il y a moins de sous-entendus et de non-dits entre un frère et une sœur associés qu’entre deux associés n’appartenant pas à la même fratrie. La communication est permanente, presque intuitive » expliquent Mélanie et Benoit Jonniaux, co-fondateurs de Bloomizon.

Comment vivre la relation au quotidien ?

Pour Sandrine, les associés ne vivent pas tous sous le même toit, deux sont sur place en province, et le troisième à Paris « la situation oblige des points d’organisation très réguliers. Le RDV obligatoire pour nous c’est tous les lundis afin de fixer les missions et objectifs de la semaine. C’est notre façon à nous de bien attaquer la semaine, en équipe soudée, en plus de tous les points improvisés de la semaine. Sur une même journée on peut arriver à s’envoyer 10 mails, 10 messages Facebook et 10 textos sans aucun problème ». La communication est primordiale, l’un des associés ne doit pas rester sur le banc de touche.

L’idéal à trois c’est qu’il a toujours une majorité en cas de décision à prendre, mais comme l’indique Sandrine « il faut rester fairplay, quand on se plante on se plante à 3, peu importe que tu n’étais pas d’accord avec la décision au moment où elle a été prise ».

Chez Juliette et son conjoint-associé, « il faut savoir se dire les choses clairement. Se connaître parfaitement permet de régler des problèmes plus rapidement. S’il y a une incompréhension, on se pose et on analyse le sujet pour que cela ne se reproduise plus ». L’idéal en couple c’est qu’il est possible de tout se dire sans froisser l’autre, ou bien il y a toujours moyen de réparer les pots cassés !

Chez Sandie et Laurie Jacobie, co-fondatrice de My Marketing Manager, la complémentarité est de mise entre les deux sœurs, « dès le départ, nous avons fait le choix de nous répartir les tâches pour être le plus organisées possible. Laurie assure la partie administrative et RH. Sandie s’occupe du marketing et de la communication de My Marketing Manager ».

En cas de conflit, « la solution vient souvent de la discussion » pour tous. En cas de divergence trop importante voire irrémédiable, il y a toujours le pacte d’associés qui règlera le problème.

Le pacte d’associés, une étape indispensable

Chez Hobbystreet, « le capital s’est réparti très naturellement en fonction des possibilités financières de chacun, de l’investissement temps déjà apporté au projet et de l’envie personnelle de chacun de s’investir plus ou moins et à plus ou moins long terme dans le projet ». Tout a été mis sur papier dans le pacte d’associés, qui prévoit aussi la sortie « les modalités sont assez souples pour les sortants, le but du jeu n’étant pas d’enfermer ses associés à double tour et de jeter la clé aux avocats. Par contre, elles protègent le président afin que celui-ci puisse toujours être prioritaire en cas de rachat de part, de cession etc… »

Le pacte d’associés est en quelque sorte le « contrat de mariage » de l’entreprise. Il fixe la vie et la fin de l’association. Il sert à répartir le capital au départ mais aussi en cas de sortie de l’un des associés ou de levée de fonds, préparer la sortie et protéger les associés en cas de désaccord. Il est conseillé de le rédiger dès le départ, dans de bonnes conditions, avec l’aide d’un avocat spécialisé. Un pacte d’associés est signé pour un temps donné et peut évoluer au cours de la vie de l’entreprise si d’autres associés ou actionnaires entrent au capital par exemple.

Derniers petits conseils avant de s’associer

« Il faut de la complémentarité et une excellente communication entre les associés, mais il faut également veiller à ce que tous les associés travaillent pour le même objectif à court et long terme » selon Juliette qui a misé sur la complémentarité dans son association. « Ayant un parcours 100% école d’arts graphiques il était difficile pour moi d’être efficace sur la partie commerciale et marketing. Aurélien est une véritable valeur ajoutée pour l’agence. Cela me permet d’avoir plus de temps pour la création et la veille des tendances à venir et donc d’apporter une expertise graphique exigeante ».

Pour Sandrine, « c’est important de s’associer mais surtout de prendre son temps pour construire une relation vraie, une relation qui compte ! Une relation conflictuelle au quotidien avec un associé c’est juste l’enfer alors prendre le temps de bien savoir pourquoi et comment on veut s’associer et ensuite seulement réfléchir avec qui s’associer » est l’ordre chronologique idéal pour une association réussie.