Avez-vous un collaborateur pervers narcissique ?
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Avez-vous un collaborateur pervers narcissique ?

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Le pervers narcissique est entré depuis quelques années dans le langage courant. Surtout dans le monde du travail. Dès qu’un patron, un collaborateur, un manager est odieux, il est affublé du terme pervers narcissique. Une émergence qui serait due à l’individualisme grandissant, au goût de l’instantanéité, au narcissisme encouragé par les réseaux sociaux et à l’éducation qui a fait de l’enfant un roi à qui on ne refuse rien, pour ne pas le frustrer.

Mais qu’en est il vraiment et comment savoir s’il y en a un dans votre équipe ?

Le pervers narcissique ne se repère pas au premier abord et il peut se passer plusieurs mois ou années avant que vous ne découvriez sa vraie personnalité. Il(elle) peut aussi être pire avec « sa proie » qu’avec d’autres collaborateurs. Il est donc d’emblée difficile de le reconnaitre avec assurance.

En effet au début de la relation, il(elle) est parfait(e). L’employé(e) modèle, l’associé(e) de rêve qui vous comprend, partage vos valeurs, a connu les mêmes difficultés que vous, cherche depuis longtemps le collaborateur qui saura le comprendre car il(elle) a tellement souffert jusqu’à présent. Mais il(elle) sait que vous, vous avez compris comment il(elle) est vraiment, c’est à dire quelqu’un de bien et qui fera tout pour vous.

Et franchement vous le croyez, vous n’en revenez pas tellement il(elle) assure au bureau, même si parfois il(elle) se braque, remet en cause vos décisions ou crée des tensions dans l’équipe. Il(elle) est tellement compétent(e) que vous passez au-dessus.

Vous avez un tel besoin de lui(elle) de toutes façons que vous êtes prêt à tout accepter de lui(elle) et vous remettre, vous en cause selon ses dires. Car vous n’êtes pas parfait(e) vous le savez et lui(elle) sait ce qui est bon pour vous. D’ailleurs tout ce que vous lui avez confié de vos désillusions passées, il(elle) les a comblées. Donc même si à la réunion de ce matin il(elle) vous a dit que étiez stupide parce qu’il y avait une rature sur une de vos slide, devant tout le monde, ce n’est pas grave. Et puis il(elle) avait raison, votre erreur est impardonnable.

Ce midi, c’est votre secrétaire et votre comptable qui vous ont dit qu’il(elle) était insupportable, méchant(e), agressif(ve) et faisait régner la terreur dans les bureaux, à tel point que les 2 arrêts maladie en cours lui seraient imputés. Même si personne n’ose rien dire depuis des mois, ils attendent que vous preniez une décision. Vous les entendez, vous commencez à vous poser des questions, vous le(la) convoquez. Il(elle) vous rassure, cela ne se reproduira plus, il a quelque soucis en ce moment et justement ces 4 personnes en sont responsables, donc ça serait bien si vous aviez le cran des licencier pour que lui(elle) continue à bien faire son travail. Il(elle) espère que vous saurez prendre les mesures adéquates, il(elle) vous fait confiance, vous êtes à ses yeux quelqu’un d’intelligent, juste et censé et il(elle) sait que vous ne le(la) décevrez pas.

Vous, vous ne savez que faire, partagé(e) entre les 2 partis, les choses que vous ressentez, votre petite voix qui vous dit que quelque chose ne tourne pas rond avec lui(elle), mais totalement sous son emprise, vous avez d’une part du mal à cerner quoi exactement et surtout à vous imaginer travailler sans lui(elle)… Vous êtes devenu(e) dépendant(e) tout en sachant que cela ne va pas et qu’il faudrait prendre des mesures, mais sans y parvenir.

Là commence la spirale infernale, le(la) pervers narcissique va faire vivre un enfer à votre équipe et vous-même. Ses spécialités sont souffler le chaud et le froid, culpabiliser les gens, les enfoncer en pointant leurs erreurs en public, les discréditer, les faire passer pour fou, leur reprocher des comportements qu’ils n’ont pas, les monter les uns contre les autres, attiser le feu jusqu’à ce que tout le monde explose et qu’il(elle) puisse dire « vous voyez j’avais raison ».

Son but est de vous rendre fou. Et vous êtes en train de le devenir. Vous avez peur, vous marchez sur des œufs dès que vous vous adressez à lui(elle), votre estomac se serre en sa présence, vous pesez chaque mot, chaque action, vous ne cessez de vous excuser, de vous remettre en question en permanence et de le(la) rassurer sur tout et n’importe quoi. Surtout sur le fait que vous ne le licencierez pas ou ne le(la) sortirez pas du board, car sa grande peur au fond de lui(elle), c’est l’abandon sous toutes ses formes et plus il en a peur, plus sa perversion augmente vis à vis de ceux qui risquent de l’éliminer.

Alors comment faire ? Une seule solution : le(la) fuir. Le(la) licencier, quitte à payer des indemnités ou rompre votre collaboration, quitte à surpayer le rachat de ses parts. Que vaut l’argent face à votre équilibre mental ? Plus vous attendrez, plus il(elle) ruinera votre vie professionnelle, mais aussi personnelle, car le(la) pervers narcissique s’attaque à tout, il(elle) n’a aucune limite.

Il faut fuir avant qu’il ne soit trop tard. Un(e) pervers narcissique cause la perte de celui ou celle qu’il désigne comme sa proie. Il ne sert à rien de lutter, de lui faire entendre raison, de tenter de discuter, etc… Il(elle) ne vous donnera jamais raison et retournera la situation contre vous pour vous rendre encore plus fou(folle). Il n’y a rien à faire. Il vous ruinera, vous conduira à votre perte, vous finirez laminé(e), au fond du gouffre.

Si vous pensez en avoir un dans votre boite, faites-ce test et s’il correspond à plus de 15 items, ne vous posez plus de questions, cessez tout contact avec cette personne. Rappelez-vous, rien ne vaut votre équilibre, votre bien-être, votre estime de vous-même. Prenez un bon avocat, rassemblez des témoignages, des témoins, faites vous accompagner et ne cédez pas, même s’il(elle) aura toujours de bonnes raisons à vous donner pour vous assurer que maintenant tout va aller mieux. C’est faux, ce sera de pire en pire. Soyez fort et faites le bon choix !