Ces entreprises mythiques qui n’ont pas su gérer leur virage numérique
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Ces entreprises mythiques qui n’ont pas su gérer leur virage numérique

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Alors que McDonald’s et Mattel ont fait preuve de manque d’innovation ces dernières années et le payent aujourd’hui, certaines entreprises ancrées dans le panorama économique depuis des décennies n’ont carrément pas su ou voulu s’adapter à la mutation digitale des 20 dernières années.

Le cas d’école : Kodak

Un des domaines les plus emblématiques est celui de la photo. Entre le premier appareil photo numérique mainstream et l’adoption par tous il ne s’est passé que quelques années. Une marque comme Kodak, qui a régné pendant près d’un siècle sur le secteur, s’est tout simplement laissée dépasser en voulant rester quoiqu’il arrive dans le développement de la photo argentique. Le numérique n’était pas pris au sérieux, Kodak disposait de milliers de brevet liés à l’argentique et y croyait dur comme fer. Encouragées par un manque de concurrence et une situation de monopole, les équipes dirigeantes ont résisté, pensant que leur entreprise centenaire conserverait son attractivité. Kodak avait pourtant déposé en 1978 le premier brevet d’un appareil numérique… Sans y croire ! Résultat, Kodak a déposé le bilan en janvier 2012 et aujourd’hui tente de revenir à la vie dans le giron d’une entreprise taïwanaise, Asia Optical Co Inc.

Une interrogation : les enseignes de mode

Le ecommerce bat son plein depuis plusieurs années et pourtant la plupart des enseignes de mode, H&M, Uniqlo… ont tardé à proposer à leurs clientes la vente en ligne de leurs articles. Il s’est passé un certain temps avant qu’elles ne comprennent que les magasins physiques seuls ne suffiraient pas à retenir les fashionistas, qui dans le même temps changeaient leurs habitudes de consommation en s’orientant vers des pure-players tels que Zalando ou Asos.

H&M n’a ouvert son e-shop qu’en 2014, Uniqlo a proposé la vente en ligne de ses article en France fin 2013. Pendant ce temps Zara avec sa présence sur le web depuis septembre 2010, fait figure de pionnier…

Difficulté à adapter son business model aux nouvelles attentes des consommatrices, résistance au changement, manque d’anticipation ? Certainement un mix des 3 et des tergiversations dans les directions dépassées par l’accélération de la nouvelle économie.

Les guides de voyage boudent les réseaux sociaux

Le secteur du voyage est emblématique de l’accélération du virage numérique. Qui aujourd’hui réserve encore un voyage en agence alors qu’il existe des milliers de site comparant les meilleurs offres, parcours et séjours sans perdre de temps ?

Il n’en n’est pas de même pour les guides de voyage, dont certains n’ont pas encore trouvé d’intérêt à être proche de leur communauté sur les réseaux sociaux.

Pendant que Lonely Planet est suivi par plus de 2 millions de followers sur Twitter, la version française du guide n’en a que 14 300, Le Petit Futé n’en retient que 1156 et Le Guide du Routard 10 700. Ces derniers sont des références de tous les voyageurs qui partent seuls en voyage le guide papier à la main. Sauf que maintenant chacun préfère se déplacer avec uniquement son smartphone et y trouver toutes les infos nécessaires, sans se charger de lourds livres. Idem pour poser une question en direct au community manager sur un lieu visité ou sur un choix entre 2 restaurants typiques. Impossible d’obtenir une réponse rapide via Twitter sans véritable stratégie social customer de la part du guide.

Le Guide du Routard se rattrape avec sa communauté Facebook (1112 000) sur laquelle il est assez actif, mais Le Petit Futé stagne à 21 000 fans et propose essentiellement des concours, n’interagit que peu avec ses fans…

Comme on le voit avec ces exemples non exhaustifs et en quelques explications, certaines marques qui ont connu de beaux jours pendant une grande période n’ont pas anticiper l’évolution des habitudes de consommation et d’utilisation de leurs services, perdant énormément de temps avant de réaliser que la nouvelle génération, souvent pure-player s’imposait auprès d’utilisateurs toujours plus avides d’expériences nouvelles.

Certains finissent par s’adapter et réagissent avant qu’il ne soit trop tard, d’autres chutent inexorablement. Dans une période dite de « révolution industrielle », il est important de ne pas résister aux mutations, de s’adapter en permanence, d’innover et d’avoir une longueur d’avance sur sa concurrence actuelle et à venir, au risque de ne plus correspondre aux attentes de sa clientèle et vite devenir old school.

  • Shareyousee

    Petite précision concernant les enseignes de mode : c’est KIABI qui est pionnier dans ce domaine avec le lancement de son site marchand dès 1999. Encore aujourd’hui, ils gardent une longueur d’avance en ayant développé une application pour les google glass et un système de click and collect.