Êtes-vous un VRAI entrepreneur ?
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Êtes-vous un VRAI entrepreneur ?

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Parmi les entrepreneurs deux écoles s’affrontent régulièrement :

D’un côté, celles et ceux qui ont créé leur job plutôt qu’une entreprise. Leur idée était de ne plus avoir de patron ou de contraintes. Ou plus exactement ils n’acceptent que les contraintes qu’ils ont choisies. Leur moteur c’est la liberté, le devenir soi, vivre pleinement, se faire plaisir, ne plus subir leur travail comme une aliénation et faire ce qu’ils aiment à chaque instant.

De l’autre côté, celles et ceux qui vivent la création de leur entreprise comme un challenge, un défi à relever pour lequel ils sont prêts à tout sacrifier pour y parvenir. Être entrepreneur passe par un travail acharné, l’abandon de sa vie personnelle, des montagnes russes émotionnelles, du stress, et parfois un burn-out. Ils le vivent comme un passage obligé sur le chemin de leur réussite.

Qu’est ce qui fait que les entrepreneurs sont plus l’un ou plus l’autre ?

Tout d’abord le parcours personnel. A 25 ans, fraichement diplômé, sans attache familiale, il y a plus de chance « d’en vouloir » et de partir « à fond les ballons » dans la création de sa boite. Une idée révolutionnaire, compliquée à mettre en place, nécessitant de lever des fonds, plusieurs centaines de milliers d’euros pour démarrer, de s’appuyer sur une forte équipe R&D et de mettre sa vie personnelle en stand by pour 2/3 ans. Entre 25 et 30 ans c’est faisable -dormir au bureau, se passer de vacances ou week-ends, manger des pâtes à chaque repas et se passer du dernier Iphone (quoique c’est utile pour travailler…)- personne ne vous le reprochera, hormis votre maman qui s’inquiétera un peu.

Les entrepreneurs, ce sont tous de gros bosseurs

indique Marie Ouvrard d’Encore Magazine

Par contre entre 30 et 35 ans, si vous avez un(e) conjoint(e), un ou deux enfants, il y a de fortes chances pour que vous ne puissiez pas sacrifier votre famille pour votre business. Au-delà du fait que vous essuierez du ressentiment et des plaintes de votre femme/mari, vous aurez aussi envie de voir vos enfants tous les soirs et pas seulement quand ils sont couchés, mais aussi pratiquer des activités avec eux le week-end. L’époque où les pères de famille se désintéressaient de leur progéniture, déléguant leur éducation à leur épouse est révolue en 2015… A part peut-être en politique, mais peut-on parler d’entrepreneuriat ?…

Je suis père et je n’ai pas le même rapport émotionnel avec ma boite et mon fils ou ma fille, même si tu lui donnes naissance, la fais grandir et lui donnes tout ton temps

explique René Cotton, co-fondateur de Wizishop

On réalise vite ainsi que pour avoir une grosse entreprise, avec un CA de plusieurs millions, une belle notoriété, une certaine expertise reconnue et pourquoi pas être le numéro un de son secteur, il faut consentir à d’énormes sacrifices et mettre sa vie entre parenthèses pour un bon moment.

Il faut donc être très sûr de soi pour ne pas regretter quelques années plus tard de ne pas avoir de famille comme ses amis, ou d’avoir perdu ses mêmes amis, de peut-être faire un ou deux burn-out, de perdre beaucoup d’argent, d’alterner les périodes de stress et d’euphorie, d’être « incompris » par son entourage. Le jeu en vaut la chandelle, car le travail finit la plupart du temps par payer, tout comme la persévérance et la confiance en son projet et il y a fort à parier que cette entreprise deviendra un modèle de réussite.

Chacun a sa vision de l’entrepreneuriat

comme le dit si bien Thibaut Mallecourt, fondateur des Petits Frenchies, qui n’hésite pas à diluer sa participation dans sa société pour augmenter celle de ses investisseurs et favoriser ainsi son développement.

A contrario, ne pas vouloir tout sacrifier pour sa réussite professionnelle et privilégier son confort de vie, réduire ses dépenses, se passer de pas mal de choses de sa vie d’avant pour compenser une baisse de salaire d’un job en auto-entrepreneur par exemple, demande une sacrée dose de courage, ainsi qu’une réflexion sur le sens à donner à sa vie, ses valeurs, ses priorités et ses ambitions.

Être entrepreneur c’est avant tout être soi et créer sa propre richesse et son emploi

avance Stéphanie Rivier, fondatrice de Mille et une Feuilles

Alors voir grand ou vivre mieux, c’est plus qu’un choix à faire, c’est un projet de vie qui engage sur le long terme. Il n’est pas interdit de revenir dessus, mais autant accélérer si son entreprise décolle de façon soudaine semble facilement faisable car graduée dans le temps, autant ralentir parce qu’on n’en peut plus de ne vivre que pour sa boite sans se verser un euro depuis 4 ans semble difficile, voire impossible.

Parions que chacun fait ses choix en son âme et conscience, en relation avec sa personnalité et ses capacités mais aussi et surtout en fonction de ses limites afin que celles-ci n’entravent pas son projet.

Il n’y a pas de bon ou mauvais choix, pas de vrais entrepreneurs ou entrepreneurs faute de mieux, il n’y a que des personnes qui prennent en main leur destin et qui créent leur vie selon leurs idéaux.

  • HindSlaoui

    Exellent article Peggy ! Il est vrai que chacun ses ambitions. Cependant, il faut s’assurer que sa vision doit toujours être alignée avec ses principes, sa mission de vie. Sinon on risque d’avoir des regrets. Personnellement, si j’avais choisi de quitter mon job et de me lancer dans l’aventure de l’entreprenariat c’était surtout pour plus de liberté et pour profiter de l’enfance de ma fille. J’essaye de me le rappeler à chaque fois que je m’engage dans un nouveau projet.

  • David Niry

    J’adore les articles de Peggy, le choix du sujet est toujours intéressant. Mais pour une fois je ne suis pas d’accord.

    Personne n’arrive à monter une boîte ambitieuse sans cravacher pendant une partie de sa vie, la dessus rien a redire. Mais c’est en faisant ça que l’on accumule connaissances, savoir-faire, expérience et réseau de contacts. Et surtout, le plus important: apprendre à se connaître soi-même et savoir ce à quoi on est réellement doué et trouver son inspiration et sa mission sur terre au plus profond de soi.

    Et ensuite s’octroyer un rôle dans l’entreprise qui se limite à ca: faire uniquement ce que personne d’autre dans l’équipe ne peut faire. Avoir la vision et savoir comment l’infuser a travers tout le projet en fait généralement partie. Le reste consiste à s’entourer des bonnes personnes complémentaires qui croiront en votre vision de manière quasi religieuse et vous aideront à avancer, sans pour autant devoir mettre votre vie et votre famille entre parenthèses.

    Ca ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de moments de bourre ou il faudra mettre un coup de collier. Alors certes, cela va aussi diminuer votre pourcentage de parts car les autres ne vont pas bosser comme des dingues à votre place pour rien. Le ratio perçu par chacun entre ce qui est apporté et les bénéfices retirés par chacun se doit d’être équitable. Et pour cela, pour que les autres acceptent de rester jusqu’à pas d’heure alors que vous rentrez chez vous le soir, votre vision doit venir d’un alignement complet entre votre propre âme et votre projet. Vous devez réellement être presque le seul au monde à pouvoir tenir cette vision sur la durée.

    En conclusion: mieux vous vous connaîtrez et plus cela sera facile 😉 Deuxième conclusion: la réalité decoule de ses propres pensées et croyances. Si vous pensez que vous ne pouvez pas réussir sans sacrifier le reste de votre vie, telle est la réalité que vous vous créerez :)