Investisseurs ou fondateurs : qui doit détenir le capital d’une start-up?
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Investisseurs ou fondateurs : qui doit détenir le capital d’une start-up?

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Pour Noam Bardin, cela dépend du positionnement futur de l’entreprise…

Waze, le service de GPS actualisé en temps réel par les informations de trafic fournies par les utilisateurs, a été acquis par Google en juin 2013 pour 1,1 milliard de dollars. Une opération qui aurait pu ne jamais voir le jour selon son fondateur, Noam Bardin, qui explique dans un billet publié sur LinkedIn comment la composition du capital de la start-up israélienne a joué sur son destin.

« L’une des erreurs de Waze est la valorisation de son tour de table A qui a dilué considérablement les fondateurs. Peut-être que si nous avions eu le contrôle de la société, comme les fondateurs de Facebook, Google, Oracle ou Microsoft l’avaient, Waze serait peut-être encore une société indépendante aujourd’hui » explique-t-il. Fondée en 2007, la société avait augmenté à plusieurs reprises son capital pour accélérer sa croissance. En 2009, elle recevait 12 millions de dollars, avant de renouveler à deux reprises l’opération en 2010 (25 millions de dollars) et 2011 (30 millions de dollars).

wazeRédigeant son article sous l’angle de l’entrepreneuriat en Israel, M. Bardin répond cependant à une question plus fondamentale et universelle à laquelle son confrontés les créateurs lorsque leurs entreprises ont besoin de fonds pour se développer : qui doit détenir le capital d’une start-up ? Le fondateur ou l’investisseur ? Cela dépend du positionnement de l’entreprise, estime le fondateur de Waze : celle-ci veut-elle devenir un « Unicorn » (une société qui souhaite devenir un acteur majeur de son marché, ndlr) ou un acteur de niche ? Si l’objectif est de créer un champion mondial, il faut conserver les fondateurs répond-t-il.

Il révèle en effet que « lorsque Google a sorti un [système de] navigation Turn-by-Turn, […], la réponse de nos investisseurs israéliens était que nous devrions nous concentrer sur Singapour ou la Roumanie plutôt que les États-Unis … pour éviter la confrontation inévitable. […] John, qui était à Paypal, alors en concurrence avec eBay, nous a donné une expérience inestimable […] et a contribué à nous rediriger sur la bonne voie, en nous re-concentrant sur le marché américain ».

Pour être un acteur global, mieux vaudrait donc laisser les entrepreneurs contrôler l’entreprise, quitte à prendre des risques en entrant sur le marché américain où la concurrence est potentiellement plus forte qu’ailleurs selon M. Bardin. Pourquoi ? Parce qu’ « en général, réussir aux États-Unis est un pré-requis pour être pour réussir mondialement, mais le succès dans n’importe quel autre pays (comme nous l’avons eu en Israël en 2009) n’est pas une garantie de traction aux États-Unis ».