J’ai échoué, la faute à qui ?…
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J’ai échoué, la faute à qui ?…

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Quand on plante sa boite, notre première réaction après s’être fait un marathon Nutella-Série TV-Couette-Connexion internet coupée pendant plusieurs jours, c’est de se poser et de chercher les causes de cet échec, afin de ne pas refaire les mêmes erreurs comme on dit.

On commence par se dire que ce n’est pas de notre faute, que c’est la conjoncture économique, la crise qui frappe la France depuis 2008, qu’on n’a pas lancé au bon moment, qu’avant ça aurait été plus facile.

Sauf que… La crise touche tout le monde et pourtant certains réussissent là où nous avons échoué. La crise est une excuse facile, mais généralement pas la seule responsable.

On cherche encore et on se dit qu’on n’avait pas assez de fonds, la faute aux banques qui ne nous ont pas suivi, car c’est bien connu, les banques ne prêtent qu’aux riches et pas à ceux qui en ont besoin.

Sauf que… Si la banque ne nous a pas suivi, peut-être que notre projet n’était pas bon, ou peut-être que nous n’avons pas su convaincre notre conseiller, ou que nous-mêmes nous ne croyions pas assez en notre startup…

On se dit aussi qu’on a manqué de réseau pour faire parler de notre concept dans les médias, auprès d’investisseurs, de gens qui comptent, que notre carnet d’adresses était trop pauvre pour faire connaitre notre entreprise.

Sauf que… Le réseau c’est à nous de le créer, aller vers les bonnes personnes, sortir de sa bulle et de sa zone de confort. Aller dans les events, pitcher, participer à des concours, expliquer ce qu’on fait et pourquoi on le fait.

Des raisons à notre échec on peut en trouver plein. Surtout celles qui ne nous remettent pas en cause. Celles qui sont extérieures à nous et notre projet. Celles qui se résument à « c’est la faute à xxx ».

Mais quand on échoue, la seule personne responsable c’est nous. Nous qui n’avons pas cru assez en notre projet, nous qui ne nous sommes pas assez bougés pour le faire connaitre ou lever des fonds, nous qui n’avons pas assez travaillé, ou tout simplement nous qui n’avons pas eu LA bonne idée.

C’est très difficile de s’avouer que nous sommes la raison de nos échecs, ça fait mal à notre orgueil. On y croyait tellement, on se voyait déjà invité partout, en une des magazines, au volant de notre Porsche, en classe affaires du Paris-New-York… Pourtant il faut redescendre sur terre, ouvrir les yeux et constater les dégâts. Le choc est rude, dur à avaler.

Mais au final, est-ci grave de ne pas avoir trouvé LA bonne idée et d’échouer ? Est-ce que cela nous condamne ? Est-ce que cela fait de nous un perdant ? Non, pas si nous ouvrons les yeux sur nos lacunes, nos insuffisances, nos manquements. Car nous pouvons les travailler, les revoir, les modifier. Pour recommencer sur de meilleurs bases, passer entre les erreurs, nous relever, avancer et réussir. Et si cela ne marche pas, nous essaierons encore une fois.

L’échec c’est quand justement on n’apprend pas de ses erreurs, on ne se remet pas en question et on ne retente rien, se contentant de nous lamenter sur notre sort ou accuser le monde entier de nos déboires.

Essayer encore, et encore, rebondir, recommencer en faisant preuve d’humilité, en apprenant, en progressant, en s’acceptant avec ses capacités et ses incompétences, c’est ça la réussite d’un entrepreneur.