« Lâcher prise ne signifie pas être fataliste, mais accepter les aléas de la vie d’entrepreneur » Anne-Claire Juan Roussiale, fondatrice de Comptes et Bonheur
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« Lâcher prise ne signifie pas être fataliste, mais accepter les aléas de la vie d’entrepreneur » Anne-Claire Juan Roussiale, fondatrice de Comptes et Bonheur

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Anne Claire Juan Roussiale est multi-entrepreneurE. Chacune de ses activités, de l’accompagnement à la gestion de son budget à l’écriture de son premier livre, Anne Claire vit intensément et passionnément chacun de ses projets. Adepte du lâcher-prise et de la non résistance aux aléas de la vie d’entrepreneurE, elle nous en dit plus sur sa vision de l’entrepreneuriat qui rime avec alignement entre son soi profond et toutes ses facettes.

anne claire

Qui êtes-vous ?

Je suis Anne-Claire Juan-Roussiale, entrepreneurE en devenir depuis 2009, lancée depuis 2011, mariée, mère de famille et curieuse invétérée.

Quel est votre parcours ?

J’ai toujours rêvé d’être entrepreneurE, c’est pourquoi j’ai choisi de passer un B.T.S. compta-gestion, à défaut de pouvoir suivre une école d’entrepreneuriat. J’ai ensuite été salariée pendant une petite dizaine d’années avant de préparer ma « reconversion » ou plutôt la transition (en profitant de mon congé parental pour cela) pour être à mon compte.

J’ai toujours rêvé d’être entrepreneurE

Que faites-vous ?

Je suis multi-casquette : coach budgétaire sur Comptes & Bonheur, accompagnatrice de projets sur le K en compagnie de Stéphane et Yann (inkubateur.com) et j’aime écrire à mes heures perdues. Vous pouvez retrouver mon premier livre par ici : http://boutique.comptes-et-bonheur.com/home/20-guide-de-l-egoistation-version-papier.html. Étant autoéditée je vais relancer dans quelques jours la seconde série de 100 exemplaires.

Une philosophie de vie et d’entreprise ?

La même bien sûr. J’ai pour objectif d’avancer un pas à la fois, c’est le meilleur moyen pour gravir la montagne. Alors que si on focalise sur le haut de la montagne on risque de se décourager devant l’ampleur de la tâche. Donc organisation et optimisation du temps sont mes meilleurs amis. Sans oublier de toujours rester positif. Je n’aime pas le mot échec auquel je préfère celui d’expérience : un échec seul on peut le répéter 100 fois ça ne changera rien, un échec qu’on transforme en expérience et dont on tire les leçons nous fera avancer, ce qui n’en fait plus un échec mais une expérience. Vous m’avez suivie ?

J’ai pour objectif d’avancer un pas à la fois, c’est le meilleur moyen pour gravir la montagne

Qu’aimez-vous dans votre business ?

L’échange. Quelle que soit ma casquette j’ai toujours la chance de pouvoir échanger avec des clients, des prospects, des partenaires… Je rencontre des personnes différentes, de tous âges, de toutes origines, avec des vies très différentes. Les écouter m’apporte beaucoup, leur apporter mon expérience et mon professionnalisme est important en retour.

Des regrets et des échecs ? Que vous ont ils appris ?

Aucun regret ni échec, comme je l’expliquais tout à l’heure. J’aime beaucoup l’idée que si quelque chose ne s’est pas fait c’est qu’il y a une bonne raison. Ça n’empêche pas des déceptions ou des moments de frustrations/colères/énervements, mais une fois le recul pris je recommence à avancer pas à pas.

J’aime beaucoup l’idée que si quelque chose ne s’est pas fait c’est qu’il y a une bonne raison

Quelles sont les qualités que tout entrepreneur devrait avoir ?

La patience, l’écoute et la persévérance, sans basculer dans l’entêtement

Les succès de ces dernières années qui vous inspirent ?

Quelle bonne question ! Au premier abord j’ose dire « aucun », ou plutôt aucun de précis. Cependant j’aime à suivre les personnes comme Céline Boura (le luxe d’être soi), Cécile Bonnet (je suis une star de mon business) ou Aurélie Legrand (les cookies de Monttessuy) qui réussissent parce qu’elles sont « elles », du moins c’est ce que je ressens quand j’échange avec elles. Elles ne cherchent pas à ressembler à d’autres, leurs personnalités jouent beaucoup dans leurs réussites respectives. J’espère être sur la même lignée…

Qu’est ce que le net change pour l’entrepreneuriat ?

Pour moi tout puisque je travaille quasi-exclusivement en ligne pour Comptes & Bonheur, pour le K également et nous sommes dispersés en France avec Yann à Lille et Stéphane à Marseille. Sans le net impossible de lancer ces activités. C’est une porte vers l’avenir et je pense que l’entrepreneuriat n’a pas fini d’évoluer…

Qu’est-ce qui vous booste au quotidien ?

Le soleil, les mails, les échanges, la bonne humeur, papoter quelques minutes sur Facebook avec des personnes aux quatre coins de France et du monde.

Pourquoi êtes-vous devenu entrepreneur ?

Par choix, j’aime être indépendante, j’aime avancer, innover, progresser, apprendre, transmettre… Dans le salariat je n’ai jamais eu autant de liberté d’avancer que depuis que je suis à mon compte.

Je n’ai jamais eu autant de liberté d’avancer que depuis que je suis à mon compte

Comment appliquez-vous le lâcher-prise au quotidien dans la gestion de votre entreprise ?

J’ai très vite accepté le lâcher prise avec mon activité. Je suis une très mauvaise commerciale (je ne supporte pas de téléphoner), la prospection m’effraie. Depuis que je suis en activité je n’ai jamais prospecté. Je ne me suis pas longtemps forcée à essayer de prospecter d’ailleurs… J’ai préféré consacrer mes efforts dans la qualité de mes prestations. J’ai fait confiance aux autres pour le bouche-à-oreille, des magazines web et papier parlent de moi sans que je les sollicite. Finalement en lâchant prise sur un de mes défauts, j’ai concentré ma force sur une qualité, et derrière tout roule. Un autre exemple : il m’arrive d’avoir un très mauvais ressenti sur une demande d’un client éventuel. Dans ce cas je lâche prise sur l’envie de décrocher un contrat (et avoir du C.A.) parce que généralement les contrats que je ne « sens » pas se passent généralement mal et me coûtent beaucoup plus en temps (et donc en argent) que les contrats « classiques ».

En lâchant prise sur un de mes défauts, j’ai concentré ma force sur une qualité, et derrière tout roule

Peut-on tout de même « réussir » sans lâcher-prise ?

Certainement, je n’ai pas essayé. Mais j’aurais tendance à m’inquiéter pour ceux qui n’arrivent pas à lâcher-prise, au bout d’un moment le corps en souffre. Et on a bien besoin de notre corps pour continuer à « réussir ». Lâcher prise ne signifie pas être fataliste, on peut/doit rester actif et réactif. Lâcher prise signifie accepter les aléas. Et en tant qu’entrepreneur à nous d’en tirer le positif et avancer.