Le prêt à la création d’entreprise n’est plus
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Le prêt à la création d’entreprise n’est plus

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Depuis le 1er avril 2015, le prêt à la création d’entreprise (PCE) est remplacé par un dispositif de garanties allant jusqu’à 200 000€.

Le PCE était octroyé aux jeunes entrepreneurs par la Banque publique d’investissement (BPI) depuis 15 ans pour des montants allant de 2000 et 7000 euros sur cinq ans, sans qu’il soit nécessaire de justifier d’une caution personnelle ou d’une garantie. Il devait être automatiquement adossé à un prêt bancaire dans le cadre d’un plan de financement ne pouvant pas excéder un total de 45.000 euros. Les échéances de remboursement ne démarraient que six mois après l’obtention du prêt. Une aide non négligeable pour les nouvelles entreprises. Selon la BPI, 10 000 entreprises en profitaient chaque année. Trop peu pour les pouvoirs publics.

En juillet dernier, le cabinet d’Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie s’était penché sur les dispositifs d’aide à la création d’entreprise pilotés par Bpifrance avec l’objectif de déterminer comment la participation de la BPI pouvait être la plus intéressante possible pour les entreprises et d’améliorer les dispositifs existants.

Les montants octroyés dans le cadre du PCE représentaient près de 70 millions par an, pour environ 12 000 entreprises bénéficiaires. Dans le même temps, les garanties de prêts bancaires représentaient une enveloppe de 3 milliards d’euros annuels, pour 200 000 entreprises selon le ministère. Un déséquilibre important que Bercy a voulu corriger au profit de l’augmentation des politiques de garanties et aux dépends du financement brut.
Un dispositif jugé trop coûteux et trop risqué en raisons du nombre de défaillances, remplacé aujourd’hui par une garantie de la BPI sur les prêts accordés par les banques aux entreprises de moins de trois ans. Ce dispositif pourra aller jusqu’à 200 000 euros et la garantie de la banque publique d’investissement atteindre 70%. Ces prêts sont destinés à financer les créations d’entreprise, mais aussi les investissements matériels et immatériels, achat de fonds de commerce, besoin en fonds de roulement.
Fort désengagement de la BPI auprès des nouvelles entreprises qui n’ont déjà pas accès au crédit bancaire ? Limitation de la prise de risque dans le financement des TPE au profit de dossiers chauds et sensibles pour le gouvernement ? Il est légitime de s’interroger sur une telle mesure alors que la création d’entreprise est toujours en croissance (+ 1,8% sur mars 2015) dans un contexte de chômage massif (le taux devrait atteindre 10,2% mi-2015) et surtout alors que le gouvernement ne cesse de valoriser « ceux qui entreprennent ».