Le travail est-il une contrainte ?
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Le travail est-il une contrainte ?

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Non il ne s’agit pas d’un sujet du Bac Blanc Philo.

Mais d’une réflexion qui fait suite à la bataille autour du travail du dimanche inscrit dans la loi Macron ainsi que le fait divers d’il y a quelques semaines à propos d’un boulanger obligé de fermer un jour par semaine, comme sa convention collective l’impose.

Un code du travail qui ne tient pas compte des spécificités de chaque branche, des conventions collectives et accords de branche négociés par les syndicats qui ne comprennent pas l’évolution de la société, une culture trotskiste qui voit le travail comme une aliénation de l’homme, une obligation, un asservissement et non comme un moyen d’épanouissement. Le travail a décidément très peu de fans en France.

Les inspecteurs, les syndicats, les partis politique de gauche (sauf E. Macron) défendent les malheureux salariés contre les méchants patrons depuis toujours. Il y a des abus que ces entités sont là pour dénoncer et sanctionner, évidemment, mais tant que le travail sera vu comme un devoir à accomplir pour subvenir à ses besoins ou une obligation sociétale, les Français n’iront pas travailler avec le sourire…

Idem lorsqu’on écoute les représentants patronaux (qui représentent une très faible partie du patronat rappelons-le) qui pensent que payer ses salariés au Smic grâce à des allègements de charges sociales est une formidable avancée humaine et réduit les inégalités en remettant les chômeurs au travail. Tous égaux, tous pauvres serait donc leur crédo.

Pourtant malgré cette mauvaise image du travail, de plus en plus de français aiment leur job. Tout d’abord les entrepreneurs qui ont créé leur propre job, mais aussi les free-lance qui organisent leur temps de travail comme ils le souhaitent, qui choisissent leur clients et leurs projets. Ou encore les salariés de startups de la Frenchtech, qui même s’ils travaillent beaucoup, ont développé une forte culture d’entreprise qui dépasse les frontières de leur boite.

Le travail devrait être valorisé dès l’école, avec des stages en entreprise, le développement de l’apprentissage pour tous et pas seulement ceux qui n’ont pas le niveau de la filière générale, mais aussi en entreprise avec un management qui permet aux employés de se sentir écoutés, suivis et valorisés par leur hiérarchie. Arrêter la guerre des chefs, l’autorité toute-puissante, laisser l’initiative aux salariés pour développer leurs idées, leur faire confiance, les féliciter, les encourager, être aux petits soins pour qu’ils soient heureux de consacrer a moitié de leur vie à votre boite.

Aux USA de plus en plus d’entreprises ont suivi l’exemple de Google qui accorde à ses salariés des heures chaque semaine pour développer leur propre projet ou soumettre des idées à la tête de l’entreprise. C’est ainsi que sont nés pas mal de projets chez le géant américain. Même si nombreux sont les sociologues à dénoncer ces pratiques qui inciteraient les travailleurs à ne plus compter leurs heures, permettant ainsi aux patrons de s’affranchir de la durée de temps de travail légale âprement gagnée par les syndicats au siècle dernier.

Laisser plus de liberté à ses salariés, c’est leur permettre d’exprimer leur créativité et de se sentir reconnus au sein de l’entreprise. Un employé reconnu par sa hiérarchie est un employé heureux qui viendra travailler avec le sourire, transmettra ces valeurs aux nouveaux entrants et sera vecteur de valeur ajoutée pour ses dirigeants.

Les relations humaines entre patrons et salariés devraient prendre le pas sur le code du travail, dans le respect des uns et des autres, de la qualité de vie au travail et de l’avenir de l’entreprise. Briser le poids de la hiérarchie, des procédures et donner la priorité au libre consentement sans imaginer d’emblée que les patrons et les salariés sont animés des pires animosités les uns envers les autres.

Utopie penseront certains, la porte à tous les abus penseront d’autres. En attendant le code du travail n’est plus en adéquation avec le monde moderne du travail à l’heure du télétravail, des smartphones, du décloisonnement vie privée/vie professionnelle et il serait temps que chacun ouvre les yeux sur cette nouvelle donne et réinvente sa place en entreprise pour être heureux au travail, comme à la maison.