Les entrepreneurs sont ils des travailleurs précaires ?
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Les entrepreneurs sont ils des travailleurs précaires ?

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Même si le matériel et les finances sont moins présents, le bonheur et l’équilibre personnel sont beaucoup plus présents. Moins d’argent et de moyens oui, mais plus de bonheur, ça n’a pas de prix – Anne-Claire Juan fondatrice de Comptes et Bonheur

Longtemps, le fait d’exercer une activité indépendante a été un choix de vie et l’ouverture vers une carrière prestigieuse. Depuis la crise de 2009, c’est souvent la nécessité de créer son emploi qui impose cette option. Entrainant avec elle des risques de précarité, voire de pauvreté, en particulier pour les auto-entrepreneurs.

Peu d’auto-entrepreneurs peuvent vivre de leur activité : le revenu médian annuel s’élève à 930€

La liberté a très souvent un prix à payer, et pour les travailleurs non-salariés, cela se traduit essentiellement par précarité. Si le statut présente bien des avantages : liberté du choix d’exercice, du statut, de la gestion du temps, il faut aussi compter avec une activité et des revenus fluctuants, des couvertures faibles pour la maladie, la vieillesse, ou le chômage. Tout est question d’équilibre entre volume d’activité, recettes et choix de vie. Or, d’une manière générale, les non-salariés sont touchés par un taux important de pauvreté (niveau de vie inférieur à 954€mensuels). Il atteint, pour les personnes âgées de plus de 18 ans, 16,9 % contre 6,3 % pour les salariés selon une étude réalisée par l’Observatoire Alptis de la protection sociale.

Depuis 3 ans, je me paye en moyenne l’équivalent d’un SMIC (environ 900€ nets), sachant que je travaille pour mon entreprise en équivalent mi-temps. Cette rémunération me suffit car j’avais fait beaucoup d’économies lorsque j’étais cadre, pour justement gagner cette liberté – Morgane Sifantus fondatrice de Mo’ pour Mots

Les revenus (Revenu ou bénéfice annuel déclaré aux Urssaf, ne constituant pas à proprement parlé une rémunération, rappelons-le…) des indépendants étaient de 31.830 euros en 2011 selon une étude de l’Insee. Cette moyenne cache de très grandes disparités entre des catégories professionnelles.

Je n’aurais pas pu tenir jusqu’ici sans le RSA – Sophie Benaiteau fondatrice de So Capristi

Les juristes ont gagné plus de 100 000 euros annuels, tandis que les coiffeurs n’ont déclaré que 15 000 euros. Les auto-entrepreneurs, eux, ont retiré en moyenne 5 180 euros de leur activité non salariée. Entre 2009 et 2010, le revenu moyen a décru de 3,4 % en euros constants pour l’ensemble des non-salariés, du fait de la forte croissance du nombre d’auto-entrepreneurs qui touchent de faibles revenus.

Aujourd’hui, à presque 30 ans, je suis juste « une indépendante » et je survis avec mes économies et un chèque de mes grand-parents – Eve Gallois autoentrepreneuse

La déréglementation de l’exercice libéral depuis les années 2000, associée à la création du statut d’auto-entrepreneur a fortement encouragé les actifs à créer leur propre emploi. Souvent moins par vocation que par nécessité de travailler. Mais la mécanique, bien qu’intéressante et motivante, bute sur le fait que tous les non-salariés n’ont pas les capacités, les idées et les réseaux nécessaires pour réussir.
Il est fondamental avant de se lancer, de faire un diagnostic entrepreneurial pour vérifier si la créatrice(créateur) a les capacités à créer son entreprise et identifier un modèle économique adapté à elle (lui) – Garance Yverneau fondatrice de 5AConseil et Happy Families
Cependant, d’une manière générale, la qualité de l’emploi des travailleurs non-salariés reste meilleure que celle des statuts représentatifs des emplois précaires. Leurs conditions de
travail leur donnent d’ailleurs satisfaction puisqu’ils ne sont, selon l’Insee, que 3,4 % à souhaiter changer d’emploi contre 8,4 % des salariés dans leur ensemble. De plus, si le non-salariat expose plus fortement au risque de ne rien gagner, il permet en contrepartie d’accéder, dans certains cas, à
de très bons revenus. D’où l’attractivité de l’entrepreneuriat actuellement.
On a envie d’indépendance. On a des exemples de réussite et on veut prouver que nous aussi, on en est capable – Louisa Mesnard W Project