Les salariés de TPE ne seraient pas stressés (si leur patron est cool)
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Les salariés de TPE ne seraient pas stressés (si leur patron est cool)

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La petite entreprise est généralement un lieu où l’on se sent bien, presque comme chez soi. Le patron y est le garant de la stabilité économique, mais aussi émotionnelle

Selon L’observatoire Alptis de la protection sociale, 80% des salariés de TPE se disent heureux au travail et 96% des patrons se disent satisfaits de leurs salariés. Les TPE auraient t-elles trouvé LE moyen de limiter le stress au quotidien ? Il semblerait.

68% des salariés de TPE se disent non stressés

Les entreprises où la solidarité entre collègues est forte sont celles où l’on parle le moins de stress. Les difficultés y sont plus facilement surmontées et sont souvent réglées par des arrangements informels entre salariés. Des relations humaines simples permettent ainsi d’anticiper d’éventuels problèmes et de les résoudre avant qu’ils ne soient perçus comme du stress. Grâce à leur petite
taille, à un dialogue facilité et sans ambiguïté, la majorité des TPE permettent ces résolutions. Dans ces petites structures, la recherche en amont de solutions et de prévention par l’organisation est également plus simple. Les TPE préfèrent compter sur leurs spécificités pour tenter de combattre le stress et s’en préserver au maximum : dialogue constant, collectif soudé, relations humaines fortes, importance de la relation salarié-dirigeant.

Temps de travail plus élevé mais moins de stress à l’arrivée

La situation est paradoxale : les conditions de travail et d’emploi des TPE sont, en moyenne, moins favorables que dans les grosses entreprises. Pourtant, leurs salariés se plaignent moins du stress. Dans les TPE, 27% des salariés à temps plein ont une durée de travail hebdomadaire supérieure à 39 heures (contre 6,4% dans les entreprises de plus de dix salariés). Et côté revenus, le salaire moyen dans les petites structures est inférieur de 19% à celui des autres entreprises. Pourtant, les salariés des TPE se disent 80% à être heureux au travail, contre 74% dans les PME et 73% dans les grands groupes.

Passion et engagement collectif

Malgré des conditions de travail moins favorables, les salariés des TPE sont fortement impliqués et passionnés. Ils sont aussi moins absents. La passion et le fort engagement dans le travail sont typiques de nombre de TPE. Éléments protecteurs contre le stress, ils doivent toutefois être régulés collectivement. Car l’implication peut devenir potentiellement dangereuse pour la santé dès lors que les salariés n’ont plus assez de distance pour se fixer des limites. Le collectif revêt donc là aussi son importance: c’est le groupe qui doit définir clairement ce qu’est un travail bien fait. Chacun saura où se situe la possibilité de reconnaissance, et évitera de s’épuiser à trop en faire.

Protection, bienveillance et chaleur affective

La TPE est souvent perçue comme une famille où chacun se sent investi d’une mission. La solidarité entre collègues y est de mise. Cela n’empêche pas l’organisation d’être structurée de manière traditionnelle avec une division inégalitaire (mais perçue comme légitime) des rôles et des fonctions. Cette ambiance familiale permet une véritable union. Les efforts sont mutualisés et le lien social créé atténue considérablement le stress. L’importance de ce lien se retrouve jusque dans le recrutement pour lequel le dirigeant de TPE fait souvent appel à des connaissances de son cercle proche (ou de celui de ses salariés) pour minimiser les risques «d’incompatibilités de caractère». L’ambiance familiale et traditionnelle qui en découle favorise la convivialité et lutte contre l’émergence de tensions. Ces relations personnelles et affectives sont généralement des facteurs d’atténuation de l’effet des stresseurs potentiels. Ils doivent toutefois être régulés pour éviter de potentielles dérives (harcèlement moral par exemple).

Le stress du patron, un baromètre déterminant

L’importance des relations et des contacts interpersonnels dans les petites structures a toutefois une conséquence négative : la mauvaise humeur des uns peut facilement rejaillir sur les autres. Le stress des salariés des TPE et celui de leur employeur sont donc pour partie liés, d’autant plus qu’ils sont soumis quasiment aux mêmes contraintes et conditions de travail. Un stress dû au fait qu’ils assument souvent seuls l’ensemble des responsabilités et doivent être polyvalents. Moteurs de l’entreprise, ils sont confrontés à une situation de double dépendance : vis-à-vis de leur société qu’ils doivent rendre compétitive, et des salariés dont l’emploi et les conditions de travail dépendent de lui. Le tout en gardant à l’esprit que la relation dirigeant/dirigé est essentielle pour toutes les organisations. Elle participe à l’amélioration du niveau de performance, du climat de travail et des comportements des salariés.