« Nous travaillons à assurer une meilleure reconnaissance et visibilité vis à vis des institutions et du grand public, de la capacité des femmes à créer, reprendre, développer, innover » Rudy Deblaine, Délégué Général d’Initiative Ile-de-France
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« Nous travaillons à assurer une meilleure reconnaissance et visibilité vis à vis des institutions et du grand public, de la capacité des femmes à créer, reprendre, développer, innover » Rudy Deblaine, Délégué Général d’Initiative Ile-de-France

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Initiative Ile-de-France, 1er réseau associatif francilien de financement et d’accompagnement à la création d’entreprises, annonce le lancement de la 5e édition de « Créatrices d’Avenir », un concours dédié à l’entrepreneuriat des femmes en Ile-de-France.

Organisé par Initiative Ile-de-France en partenariat avec la Région Île-de-France, la Caisse des Dépôts, la Préfecture de Paris et d’Ile-de-France, « Créatrices d’Avenir » est également soutenu par des partenaires privés comme la Fondation Raja Danièle Marcovici. Tous s’associent à ce grand prix régional pour promouvoir le talent entrepreneurial des femmes et susciter des vocations afin de prouver que l’esprit d’entrepreneuriat s’accorde autant au féminin qu’au masculin.

Le concours « Créatrices d’Avenir » récompensera six femmes d’exception ayant créé ou repris une entreprise en Ile-de-France, quel que soit le secteur d’activité. La cérémonie de remise des prix sera organisée en décembre prochain.

Un concours pour donner l’envie aux Franciliennes d’oser l’entrepreneuriat

Selon un sondage OpinionWay, deux femmes sur trois pensent que la création d’entreprise est plus épanouissante que le salariat mais seulement une sur trois parmi elles, passent à l’acte.
Mettre à l’honneur des cheffes d’entreprise qui ont réussi, favoriser leur visibilité médiatique, soutenir l’entrepreneuriat comme levier d’ascension sociale, lever les différents freins qui rendent la majorité des femmes réticentes à se lancer sont autant d’objectifs que porte le concours « Créatrices d’Avenir ».

Il s’agit à la fois d’encourager les femmes qui font le pari de l’entrepreneuriat et contribuent aujourd’hui au développement économique et à la création d’emplois en Ile-de-France et de donner l’envie aux autres.

« Créatrices d’Avenir », 6 prix pour valoriser la pluralité de l’entrepreneuriat des femmes

Pour valoriser la capacité des femmes à entreprendre là où on ne les attend pas et aller au-delà des préjugés qui prédéterminent les orientations dès le plus jeune âge, « Créatrices d’Avenir » ouvre les candidatures dans six catégories :

– Le Prix de l’Audace au Féminin récompensera une femme ayant créé une entreprise dans un secteur non traditionnellement féminin ;
– Le Prix de la Créatrice Quartier récompensera une femme issue d’un quartier prioritaire politique de la ville ou ayant créé une entreprise dans un de ces quartiers ;
– Le Prix de la Reprise Remarquable récompensera une femme ayant repris une entreprise, ce qui permettra le maintien d’emplois, de savoir-faire et d’un dynamisme économique local ;
– Le Prix de la Dynamique de Croissance récompensera une femme dont l’entreprise est entrée en phase de croissance-développement potentiellement génératrice d’emplois et d’activité ;
– Le Prix de l’Innovation Solidaire récompensera une femme ayant créé une structure relevant de l’économie sociale et solidaire conciliant activité économique et utilité sociale ;
– Le Prix Créatrice d’Avenir : le Prix spécial du Jury récompensera une femme dont le projet est particulièrement emblématique de la créatrice d’entreprise francilienne d’aujourd’hui.

Rudy Deblaine, Délégué Général d’Initiative Ile-de-France, nous en dit plus :

Rudy Deblaine, Délégué Général d'Initiative Ile-de-France

Pourquoi un tel concours ? Qu’a t-il de plus ou de différent de tous ceux qui existent déjà ?

Le concours Créatrices d’Avenir, organisé cette année par Initiative Ile-de-France, s’inscrit dans le cadre du plan d’actions régional pour l’entrepreneuriat des femmes mené en Ile-de-France par le Conseil régional d’Île-de-France, la Préfecture de Paris et d’Ile-de-France, et la Caisse des Dépôts.

Pour la 1ère fois, cette édition du concours se veut collaborative et participative en associant le plus largement, toutes les structures qui accompagnent et encouragent les projets d’entreprise portés par des femmes (organismes d’accompagnement, réseaux, banques et autres financeurs, collectivités, institutions, Universités, Grandes Ecoles, etc) ainsi que les grands groupes ayant une politique RSE orientée vers les femmes. L’objectif est de créer une dynamique collective en faveur de l’entrepreneuriat des femmes. En favorisant leur visibilité médiatique, il s’agit également de mettre à l’honneur des cheffes d’entreprises qui ont réussi pour encourager les femmes qui font le pari de l’entrepreneuriat.

A travers ses catégories de Prix, Créatrices d’Avenir s’adresse à toutes les femmes cheffes d’une entreprises en Ile-de-France, peu importe le secteur d’activité ou l’étape dans la vie de l’entreprise.

L’objectif est de créer une dynamique collective en faveur de l’entrepreneuriat des femmes

Qu’en attendez-vous en retombées ?

Avec plus de 300 candidatures attendues cette année, nous visons une plus forte médiatisation du concours et des lauréates. Au-delà du concours en tant que tel, nous travaillons à assurer une meilleure reconnaissance et visibilité vis à vis des institutions et du grand public, de la capacité des femmes à créer, reprendre, développer, innover. Nous avons également pour but de fédérer une communauté Créatrices d’Avenir, composée de lauréates, candidates, dirigeantes d’entreprises, etc., qui sera animée tout au long de l’année, notamment via les réseaux sociaux, et pourra donner l’envie de crée à de futures cheffes d’entreprises.

Notre objectif est de favoriser l’émergence de projets entrepreneuriaux portés par des femmes, notamment sur les territoires où le tissu économique est encore trop peu développé, multiplier les initiatives, tout en servant de tremplin pour mettre en œuvre les dispositifs nécessaires à l’accompagnement des projets de création d’entreprises.

Notre objectif est de favoriser l’émergence de projets entrepreneuriaux portés par des femmes, notamment sur les territoires où le tissu économique est encore trop peu développé

Pourquoi réserver des concours aux femmes ?

Sur le plan régional, les femmes représentent 50,8% de la population francilienne et 49 % de la population active. Or seules 30% de femmes créent leur entreprise, et sont accompagnées par les réseaux. Il existe également peu de modèles visibles de réussite féminine dans l’entrepreneuriat. La mise en place de concours dédiés aux femmes permet de démontrer par l’exemple que les femmes ont elles aussi l’envie et la capacité de se surpasser.

Promouvoir la capacité des femmes à entreprendre est donc un enjeu majeur dont nous nous sommes emparés pour « démocratiser » encore davantage la création d’entreprises auprès de tous les publics et répondre l’exigence de l’égalité Femmes Hommes. A travers ce concours, nous militons pour l’entrepreneuriat pour tous, en créant l’environnement favorable permettant de donner à toutes comme à tous, les mêmes chances d’entreprendre. Mettre à l’honneur des cheffes d’entreprise qui ont réussi à travers une remise de prix, favoriser leur prise de parole dans les médias, c’est pour nous également une façon de soutenir l’entrepreneuriat comme levier d’ascension sociale.

A travers ce concours, nous militons pour l’entrepreneuriat pour tous

Les femmes entreprennent-elles différemment des hommes ?

Environ 15 % des dirigeantes sont à la tête d’entreprises de 25 à 200 salariés, alors qu’elles sont 34 % à gérer des sociétés dont l’effectif est compris entre une et cinq personnes. Elles ne créent pas suffisamment dans des secteurs liés par exemple à l’innovation, et créent souvent des entreprises de petite taille (aide à la personne, tourisme, communication…), avec une gestion à court terme, en s’associant peu ou en famille. Elles ont par ailleurs moins recours aux financements bancaires que les hommes. Enfin, le projet de création d’entreprise est avant tout pour une femme l’opportunité de créer son propre emploi, les chômeuses étant deux fois plus nombreuses à créer que les chômeurs.

Les femmes qui entreprennent sont en fait confrontées à certaines problématiques auxquelles une grande partie des hommes n’ont pas à faire face. Concilier leur vie de cheffes d’entreprise avec celle d’épouse et/ou de mère, se battre contre les idées préconçues selon lesquelles une femme serait plus fragile, et donc moins encline à mener un projet à elle seule ou de diriger une équipe. D’où le choix de l’activité, l’envergure financière moins importante.

Les femmes créent souvent des entreprises de petite taille

Pourquoi n’osent-elles pas créent leur entreprise et quand elles le font restent-elles sur des petits business ?

L’une des premières raisons est le poids des stéréotypes et de l’éducation, quant à la capacité des femmes à relever des défis dans des secteurs qu’elles peuvent estimer réservés aux hommes. Il n’est pas toujours facile pour les femmes de s’affirmer en tant que dirigeantes vis-à-vis de leurs salariés, clients, fournisseurs, en particulier dans des domaines traditionnellement masculins (industrie, technologie, bâtiment, etc), où leurs compétences peuvent être remises en cause. Il peut aussi y avoir des formes d’autocensures, lorsqu’elles vont avoir peur de pénaliser leur vie de famille, et voudront sécuriser leur projet, conditionnant ainsi leur prise de risques. Cela requiert une autre répartition des rôles traditionnels homme/femme au sein du ménage pour rendre les femmes plus disponibles et leur permettre d’assurer un développement ambitieux de leur projet d’entreprise.

Au-delà de ces aspects psychologiques, on constate souvent que les femmes qui créent de petites entreprises ont moins de fonds propres, et sont moins insérées dans des réseaux d’envergure, leur permettant d’avoir accès à différentes sources d’informations, d’appuis ou d’expériences. Ce contexte fragilise l’activité de l’entreprise dès son démarrage et la capacité à se positionner sur des entreprises à fort potentiel.

Les femmes qui créent de petites entreprises ont moins de fonds propres, et sont moins insérées dans des réseaux d’envergure

Que faudrait-il faire pour changer les choses ?

Mettre à l’honneur des cheffes d’entreprise qui ont réussi à travers une remise de prix, favoriser leur prise de parole dans les médias, lever les différents freins qui rendent la majorité des femmes réticentes à se lancer dans la création d’entreprise en particulier dans des domaines hors de leurs secteurs de prédilection (services à la personne, commerce, bien-être, développement durable, etc.). Ce sont là autant d’actions de sensibilisation et d’information à destination d’un public féminin qu’il est nécessaire de mener avec tous les partenaires, et que nous souhaitons porter à travers le concours Créatrices d’Avenir.

Il convient par ailleurs de les accompagner davantage pour leur apporter l’information, les aider à s’insérer dans des réseaux. Enfin il est certain qu’il faut continuer de lutter, dès le plus jeune âge, contre les représentations stéréotypées qui contribuent à influer sur le choix des filières d’éducation par exemple, sur l’environnement familial dissuasif, et la représentation que nous pouvons avoir quant à la capacité de chacun et de chacune de se positionner sur des postes décisionnels ou des entreprises à forte valeur ajoutée.

Il faut continuer de lutter, dès le plus jeune âge, contre les représentations stéréotypées qui contribuent à influer sur le choix des filières d’éducation

Pouvez-vous nous parler des précédentes lauréates qui ont « bien réussi » suite à leur prix ?
Je pense d’abord à Cécile Pasquinelli, Lauréate du prix spécial du jury 2013. Elle a créé Garance Paris, une marque de sous-vêtements novatrice destinée aux femmes ayant subi un cancer du sein et une ablation. Sa marque est aujourd’hui distribuée dans plus de 60 points de vente en France et à l’étranger et elle vient de monter un partenariat produits avec l’Institut Curie : Garance offre un pyjama à porter sans prothèses aux patientes pendant leur hospitalisation pour mastectomie. Elle vient d’ailleurs d’être tout récemment nommée Chevalier de l’ordre du mérite par la France pour son engagement.

Il y a également Faustine Zanetta Monti, Lauréate 2014 du prix du Jury qui avec à peine 6 000 euros en poche, a lancé à 21 ans, Al Di Sopra, sa propre société de production audiovisuelle. Entre web & audiovisuel, Al Di Sopra produit des fictions, documentaires ou programmes courts qui couplent toujours innovation technique et histoire et sont systématiquement pensés pour être multi-support. Quatre ans après sa création, Al Di Sopra est une société de production reconnue pour la qualité des projets qu’elle porte et l’intérêt du «nouveau type de narration » qu’elle a inventé. De grands clients font d’ailleurs déjà confiance à la jeune cheffe d’entreprise à l’image de Dior, qui lui confie régulièrement de nouveaux projets. A 25 ans, la jeune entrepreneure qui emploie déjà 4 salariés, prévoit de se développer à l’international et en particulier aux États-Unis ou le potentiel de marché est gigantesque.

Inscriptions : www.creatricesdavenir.com/candidater