Quelques conseils pour gérer vos relations avec les journalistes numériques (ndlr : nous)
, / 4738 0

Quelques conseils pour gérer vos relations avec les journalistes numériques (ndlr : nous)

SHARE
Home Actualité Quelques conseils pour gérer vos relations avec les journalistes numériques (ndlr : nous)

Gérer ses relations avec la presse, et plus précisément la presse numérique, est indispensable dans toute opération de communication d’une startup depuis le lancement et tout au long de l’année en fonction des actualités qui rythment la vie de l’entreprise. Mais attention, pas question d’envoyer des communiqués de presse à toute une base de données non qualifiée de journalistes, bloggeurs et autres influenceurs, et attendre qu’on vous contacte pour une interview ou un reportage. Tout le monde est submergé de mails et autres messages privés sur Linkedin, Facebook et Twitter à longueur de journée et pas forcément de qualité. Pour avoir une chance de remporter un article sur un magazine ou un blog, il faut être professionnel, tisser des liens, ne pas harceler, sélectionner ses informations avec pertinence et persévérer. Vous n’en serez que mieux récompensé…

Rédiger de bons communiqués de presse

Écrire un communiqué de presse peut paraître simple, mais il n’en est rien. Il ne suffit pas d’envoyer un mail à un journaliste en disant « bonjour, j’ai lancé telle startup qui va révolutionner le monde, si vous vous voulez en parler, faites-moi signe ! » (Nous en recevons malheureusement…).

Il faut bien sûr envoyer un mail avec une mini-présentation de sa startup ou du nouveau service dans le corps du mail, être dynamique et punchy, mais ne pas faire ami-ami avec le destinataire si vous ne le connaissez pas (l’avoir croisé dans une soirée networking il y a 8 jours n’en fait pas pour autant votre nouvel ami) et surtout mettre en PJ le fameux communiqué de presse qui doit au premier coup d’œil donner l’envie de poursuivre la lecture. Un PDF de préférence, aéré, avec un peu de couleur, des gros titres, des phrases impactantes, une ou deux citations et quelques photos. Sans oublier les coordonnées et vérifier l’orthographe et la grammaire. Parfois on ne comprend même pas le sens des phrases…

Et surtout éviter les remarques toutes faites qu’on lit 10 fois par jour « nous sommes le Airbnb de la location de chambre de bébé », « nous voulons ubériser le marché de la pêche à la mouche », « avec notre application, vous ne verrez plus la vie de la même manière », bla bla bla, c’est bullshit pour nous. On veut des preuves, de l’humilité, du factuel, des chiffres sans chichi (ça c’est pour les blogs de mode et cuisine) et surtout on se fait notre avis nous-mêmes sur les informations qu’on reçoit.

Envoyer son communiqué de presse

Quel est l’intérêt d’envoyer votre communiqué de presse à tout le monde en même temps ? Tissez des liens avec un ou deux journalistes et réservez leurs la primauté de vos informations. C’est peut-être pas mal pour vous d’avoir un article sur 5 magazines en même temps pensez-vous, mais pas vraiment en fait et encore moins pour les lecteurs. Cela crée juste un feu de paille de 24 à 48h qui s’éteint très vite : tout le monde aura fait un copier coller vite fait de votre CP et ne parlera plus de vous avant un moment. Alors que sélectionner un ou deux magazines pour avoir un article, donnera justement l’envie aux autres de vous contacter, d’en savoir plus et de pourquoi pas, vous faire un plus bel article avec interview, reportage, etc… Ce n’est pas le nombre mais la qualité qui compte.

De même il est inutile de harceler les journalistes, que ce soit sur les réseaux sociaux, par mail ou téléphone. Si on veut parler de votre startup, on vous recontacte et plus vous nous sollicitez moins on en aura envie… Restez mesurés ! Et surtout ne faites pas la grave erreur de tweeter à tous nos concurrents « Bjr, on parle de nous sur @wle, vous voulez en parlez aussi ? » : catastrophe et amateurisme…

Quelles infos ne doivent pas faire l’objet d’un communiqué de presse ?

Une erreur que font très souvent les startups c’est de communiquer auprès de presse numérique, type Frenchweb ou We Love Entrepreneurs dès leur lancement. A moins de proposer quelque chose de jamais vu et révolutionnaire, de démarrer avec une levée de fonds d’amorçage de 1 million d’euros, d’avoir Mark Zuckerberg au capital, inutile de nous envoyer votre communiqué, nous n’en parlerons pas, car chaque jours plusieurs dizaines d’entreprise se créent et il est impossible et inutile pour nous d’en parler. Au lancement il faut contacter les bloggeurs, les magazines spécialisés sur votre domaine, pour faire parler de votre produit ou service, pour le faire connaître auprès de votre cible, vos futurs clients. Les autres entrepreneurs se fichent malheureusement de votre nouvelle startup…

Idem pour les actualités de votre startup : vous prenez des nouveaux bureaux ? Vous avez réalisé une infographie après avoir sondé vos 50 clients ? Vous voulez donner votre avis suite à une actualité vue au JT ? Ou encore vous venez de recruter votre premier salarié ? C’est bien, mais … Quel intérêt pour nos lecteurs ? Et pourtant… Ce genre d’informations, nous en recevons plusieurs par jour. Tout à fait inutile et sans intérêt. Comme dit plus haut, il faut de l’information impactante. Quand aux sondages faits maison, laissez les à Ipsos et PwC…

Qu’est ce qui intéresse les journalistes de la presse numérique ?

Vous levez 500 000€, vous annoncez le lancement d’un nouveau service vraiment intéressant, vous pivotez votre business model, vous recrutez Arnaud Monteboug, là oui on va en parler… Loin de nous l’idée de ne chercher que l’information qui va générer du trafic sur notre site, mais nous voulons quelque chose de fort, de percutant, de novateur, le petit truc qui nous fait dire « ça je veux en parler ! » Parce que cela rentre dans notre ligne éditoriale, que c’est original, et parce qu’on sera les seuls à en parler.

D’un côté nous cherchons de l’information qui va drainer des visiteurs, des partages sur les réseaux sociaux et nous positionner comme LE magazine de la hot news du numérique et de l’entrepreneuriat par exemple, mais d’un autre côté, surtout sur We Love Entrepreneurs, nous voulons une vraie valeur ajoutée : un entrepreneur atypique, un management différenciant, un service novateur, un produit qui va changer la vie des gens, etc… Nos articles sont destinés à inspirer les entrepreneurs, alors nous prévenir que vous rejoignez un incubateur ou que vous lancez un blog, cela ne nous intéresse pas vraiment…

Le code du savoir-vivre avec les journalistes

C’est dûr direz-vous ? Évidemment, c’est même la jungle, une lutte de chaque instant, le bon mot, le bon moment, la bonne personne, tout entre en ligne de compte. Et puis c’est donnant donnant. Si un magazine écrit un article qui parle de vous, d’une part renvoyez la balle en lui donnant des contacts qu’il a besoin et qui sont peut-être dans votre réseau, répondez vous-mêmes aux sollicitations pour apporter votre témoignage, même si c’est chronophage et que cela ne vous rapportera pas de clients, mais aussi partagez l’article sur vos réseaux sociaux, mettez un lien sur votre site. Bref, donnez aussi, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est prouvé.

Une agence de com’ ? A quoi bon ?

Dernière recommandation : vous pourriez avoir l’envie de confier vos RP à une agence de com’. Pourquoi pas, mais honnêtement aujourd’hui, contacter les journalistes avec tous les réseaux sociaux est tellement facile que cela devient inutile… Et puis les agences de com’, généralement on ne les aime pas trop (en tout cas à We Love Entrepreneurs) car on a l’impression qu’ils envahissent notre espace vital en étant toujours sur la brèche pour nous envoyer leurs CP, leurs nouveaux clients, leurs infos, leurs témoignages, créant une légère lassitude, voire exaspération à la vue de leurs messages quotidiens dans notre boite mail… Alors que le CP et le mail sympa de celui ou celle qui nous suit sur Twitter, partage nos articles et nous envoie de temps en temps un contact ou une information dont on a besoin rapidement, on aime bien. Alors à choisir autant donner de votre personne. C’est votre boite après tout, c’est vous qui devriez savoir mieux que personne nous donner l’envie d’en parler !